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27 - De l'amour

Il est temps d'aborder un sujet, l'amour, qui occupe ou préoccupe toute la société, alors que paradoxalement il n'est pas social. Mais toutes les conséquences modernes qu'il entraîne sont d'ordre social et c'est même à cause d'elles que j'ai décidé d'écrire cet article. Le constat est simple : nos sociétés occidentales sont abîmées par des taux de suicide importants, des quantités démesurées d'anxiolytiques absorbés, un nombre impressionnant de divorces et de violences conjugales, une augmentation du nombre d'homosexuels (il existe même aujourd'hui des lobbies gays) sans parler de toutes ces femmes qui se plaignent de l'impuissance de leurs partenaires masculins... Dans le même temps, le désir est ramené à une simple consommation (donc bien plus accessible qu'un objectif moral, intellectuel ou historique), le sexe est banalisé jusqu'aux affichages publicitaires, et les divorces sont encouragés par la société de consommation (un divorce, cela veut dire deux voitures, deux loyers, deux réfrigérateurs, etc...). Que se passe-t-il donc pour que nos contemporains occidentaux soient si frustrés, si prompts à la séparation ?

La réponse tient à mon avis en deux mots, qu'il conviendra donc de définir : l'Homme doit redécouvrir aujourd'hui que l'amour et le désir ne sont pas et loin s'en faut nécessairement liés. L'amour serait donc une attirance affective, le fait de se sentir bien, serein, heureux même, avec telle ou telle personne, et de rechercher sa compagnie. Mais ce tableau serait assez égoïste s'il n'était pas réciproque : on est précisément généralement prêt à tout consentir à ceux que l'on aime (famille, conjoint, amis fidèles...), voire même à mourir, comme ceux qui défendent leurs idées et leurs convictions jusqu'au bout. Alors me direz-vous, qu'est-ce que le désir ? Hé bien il s'agit selon moi d'un autre type d'attirance, une attirance physique, charnelle, évidemment plus éphémère que l'amour (qui se construit à long et moyen terme alors que les pulsions du désir ne sont pas réfléchies), qui peut être plus intense mais qui n'est pas fait pour durer, et dont on peut se lasser (de même qu'on ne peut pas avaler indéfiniment le meilleur chocolat) ou bien simplement n'avoir pas toujours envie. En outre, l'amour est une attirance volontaire, le fait de construire une relation, alors que le désir en tant que pulsion n'est pas contrôlable. Ceux qui serinent que l'on peut contrôler nos pulsions sont des menteurs ou des imbéciles : on peut bien entendu les canalyser, décider de passer ou non à l'acte (à moins justement d'être "malade mental"), mais les pulsions elles-mêmes ne sont pas filtrées.
Le problème tient à ce qu'aujourd'hui, la notion de désir sexuel soit précisément connotée péjorativement, nos idéalistes ont oublié que l'homme était un animal, doté d'un cerveau reptilien, et ont confondu le désir avec l'amour : on ne pourrait plus désirer que ceux que l'on aime, et en ce qui concerne le conjoint cela devrait se limiter à une seule personne (dans le même temps s'entend). Tout autre désir serait une perversion d'un esprit malade, ou bien "macho". Alors que la différence est fondamentale : c'est celle du respect. On respecte ceux que l'on aime alors que l'on n'a aucune considération (ni inversement aucun besoin de reconnaissance) avec ceux que l'on se contente de désirer. C'est d'ailleurs le même problème que racontent de nombreuses femmes à leur psy, non seulement des femmes mariées mais également de jeunes filles avec leur petit ami du même âge : "il ne me touche pas". D'une part parce qu'il a trop de respect pour oser toucher la fille même s'il l'aime intensément et qu'il sait que c'est récriproque (cela peut ramener à la pureté originelle et à la peur de corrompre la femme aimée) et d'autre part parce qu'il n'en a pas ou plus forcément l'envie, le désir ne se commandant pas (d'où la recherche de certaines situations déviantes, pornos, SM, etc... afin d'appeler au désir). C'est d'ailleurs la même chose qui se passe lorsque l'on pratique dans des circonstances décalées (prostituée, homosexualité...) : on n'a pas peur d'être considéré ou pas, de devoir assurer ou pas (on ne doit rien à une pute qu'on a payée, de même qu'on ne doit rien à un homo, un travelo ou un transexuel) et on n'a pas peur de l'orgasme, qui sera forcément d'autant plus fort que les conditions seront disons inhabituelles.
Ainsi donc, autant chez l'homme que la femme, on feint de croire actuellement qu'amour et désir ne font qu'un, d'où toute cette frustration et ces déceptions. Nous ne sommes pas des personnages de contes de fées, nous évoluons, nos physiques et nos désirs aussi, et il est certain que les relations fondées sur l'amour pur tiendront le coup, alors que celles fondées sur l'unique désir même réciproque s'écroulera tôt ou tard au moment où l'amour était pourtant parvenu à s'installer.

Les générations qui nous ont précédé avaient réussi à isoler amour et désir. Bien souvent les mariages n'étaient pas libres et on n'avait pas de relation avant le mariage (qui intervenait plus tôt, il faut le reconnaître), sauf éventuellement pour s'entraîner (avec des prostituées). Même les mariages qui n'étaient pas arrangés se faisaient par commodité, au sein du même village, voire dans la même famille (ce qui causait certaines dégénérescences). L'homme avait ainsi une femme (qui avait le respect, l'argent et le statut social), une ou plusieurs maîtresses (qui avaient de la considération, une certaine part de romantisme et éventuellement le plaisir sexuel) et pouvait aller voir des prostituées s'il le désirait. Pour la femme, c'était la même chose, par exemple l'épouse pouvait très bien être amante à son tour.
Mais aujourd'hui, aucun écart n'est toléré, et au moindre baiser avec un(e) autre, c'est la fin du couple. Alors que fondamentalement coucher avec un(e) autre n'enlève rien à l'amour porté à son partenaire habituel, il s'agit là davantage d'une frustration liée au désir. Les filles peuvent difficilement être à la fois de belles princesse, de douces épouses et de bonnes techniciennes sexuelles (autrement dit ne peuvent pas remplacer l'ancien trio épouse / maîtresse / putain) et c'est la même chose pour les hommes qui sont rarement à la fois riches, intelligents, drôles, beaux, musclés, etc...

Il y aurait encore des tas de choses à dire sur le sujet. Quid de la montée de l'homosexualité ? Quid du féminisme ? Les femmes se plaignent aujourd'hui de n'être plus autant draguées qu'avant, alors que la moindre remarque est jugée misogyne et le moindre comportement jugé "harcèlement sexuel". En traitant de "macho" tout homme partant à l'aventure, les féministes en ont fait des lâches, qui en sont réduits aujourd'hui à se rabattre sur des plans entre garçons. La montée des pratiques homosexuelles ne signifie pas qu'il y ait plus d'homosexuels. Je considère même que nous sommes tous "bi" en quelque sorte, que nous pouvons avoir les mêmes désirs, conventionnels ou pas, mais que seule une minorité passera à l'acte, par souci de conventions sociales essentiellement. D'ailleurs, il est fréquent de voir des pères de famille qui ont eu des relations homosexuelles dans leur jeunesse, l'un n'empêche pas l'autre, et comme le reste les désirs évoluent (ils sont le plus fragile au moment de l'adolescence). En d'autres termes, bon nombre d'actuels "homos" ont des pratiques homosexuelles par facilité, tout simplement, parce qu'ils ne trouvent pas de fille, qu'ils en ont peur (quid de l'hétérophobie, bien plus pernicieuse que l'homophobie ?) ou considèrent qu'il est plus facile de se faire prendre que de devoir assurer face à une fille, et même bien souvent se disent gays mais n'ont en fin de compte aucune pratique sexuelle, ni homo ni hétéro. Homos par défaut d'une certaine manière.

Evidemment, il n'y a pas de solution miracle, mais ma conclusion ce serait de mettre les choses à plat au début de la formation d'un couple, parce que tôt ou tard vous serez confrontés à ces problèmes, alors autant y être préparés, et trouver la réponde à deux dans un couple reste quand même la meilleure solution. Ne soyez pas pris au dépourvu, même si la distinction amour / désir peut sembler pessimiste, elle est néanmoins humaine et il faut faire avec. Ceux qui refusent de le voir s'en mordront les doigts.

(Je précise que ces analyses peuvent se retrouver (entre autres) pour partie dans les réflexions d'Alain Soral, de Jean-Louis Costes et d'Eric Zemmour)

La "vidéo" ne contient que l'audio d'une chanson (si si c'est une chanson) de Jean-Louis Costes intitulée Liberté de la femme et tirée de l'album Un sparadrap sur l'anus sorti en 1997

# Posté le mardi 06 janvier 2009 10:54

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